Du fond du PUIT

Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate

Minuit cinq

Minuit cinq. J’ai envie de pleurer.

HSE. Habitation Saint-Étienne. 55°.

Mon ami pour ce soir. Lui et moi, on va se bagarrer un peu.

Pour le moment, on se regarde.

Wish I was. AYLA & Spada. C’est tout à fait dans le ton.

Seul dans un terrain vague, rempli d’objets en décrépitudes. Sabi.

Plus aucune profondeur de champ, rien qu’une falaise sans ourlets.

Incapable de lâcher prise, j’en tombe, le calcaire encore dans la paume. Aucun Wabi.

Être adulte, c’est accepter. Accepter, c’est abandonner.

Glisser. Doucement, puis de plus en plus vite.

Mon pote me chauffe un peu. Ça aide.

« Wer mit Ungeheuern kämpft, der soll zusehen, dass er nicht dabei selbst zum Ungeheuer wird. Und wenn du lange in einen Abgrund blickst, blickt auch der Abgrund in dich hinein. »

J’ai regardé trop intensément. Tel Dante, il me faut remonter. Mais je ne suis pas le poète du vulgaire.

Je n’ai plus les épaules. Pas plus que je n’y crois. Mais il faut faire semblant.

Éternel Sonderkommando, chargeant le coke et le bois pour maintenir le foyer, je déblaie les cendres.

L’envie de danser, langoureusement.

Les yeux clos, toute la nuit sans penser.

La vie est un charnier sans fin. L’amour seul pourrait sauver.

Il semble qu’il soit mort il y a des années. Pour moi, point de Bice.

L’amour des parents, c’est tout ce que l’on doit donner, tant qu’on peut, autant que l’on peut. C’est mon seul salut.

C’est la seule chose qui a un sens. Jamais je ne veux le voir s’arrêter.

Mais la corrosion est là, à chaque instant, créant sa malice.

Paradoxe du malheur, vouloir conserver le peu que l’on a éternellement, sachant que tout n’est que poussière dans le vent.

Car, autrement, le néant.

Profitez de ceux que vous aimez, et si vous en avez la chance, laissez-les vous aimer en retour, car tout finira. Le temps est un criminel consciencieux.

Mon pote me berce, je vais le laisser faire son office.


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