Du fond du PUIT

Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate

Dupé

Je suis un être stupide.

Malgré ma quarantaine bien attaquée, je suis très candide avec les autres gens. Je ne perçois jamais leur malice. Ou plutôt, je la perçois, mais n’imagine pas la possibilité de tant de bassesse et de mesquinerie.

Je connais Ockham et son rasoir, et je devrais bien me dire qu’au lieu de trouver des raisons aux comportements déplacés des tas de merde que représentent mes congénères, je devrais les prendre pour ce qu’ils sont: des tas de merde.
J’ai pour cette raison arrêté toute relation amoureuse depuis fort longtemps, me concentrant sur des domaines jalonnés, comme le travail, espérant y trouver des règles encadrant le comportement de tous mes parasites de congénères.

Hélas, non. Je continue de me faire avoir régulièrement.

Vous le savez tout aussi bien que moi: le monde de l’entreprise est carnassier. Je parle des gens qui travaillent, pas des semi-débiles remplissant les administrations, prisons, et autres sécurités sociales. Les pires régnant dans les ministères régissant ces merveilleux endroits.

Je ne supporte plus ces bandes de ramasse-merde attroupées dans les kitchenettes pour boire leur latte macchiato, se racontant le paradoxe de leur vie de merde, incapable de même le comprendre, sans en foutre une ramée. Par un truchement étrange, j’aime les rapports honnêtes et l’efficacité. Autant dire qu’en France, je ne suis pas près d’être heureux et épanouis grâce à mon entourage de travail.

La constance de la paresse, et l’inconstance des résultats me rendent dingue. Pensant avoir été sauvé par le télétravail (loué soit-il), je faisais une fois de plus une magistrale erreur. Les tauliers, membres de cette sous-race d’hommes en exploitant d’autres pour s’attribuer le mérite de leur travail, eux qu’il fallait toujours avoir à l’œil, disparaissaient et profitaient bien évidemment de cette situation pour nous presser comme de jolis agrumes.

Je n’ai jamais autant travaillé que durant ces années de home-office. « Jamais assez » semblait le terme. Perfectionniste et « performer », j’ai cru aux belles promesses de mon Politburo patron, quant à ma future promotion, et à l’augmentation afférente.

Je n’ai pas voulu voir les redflags qui s’alignaient tel des étoiles. J’ai cru à ma propre paranoïa, tellement l’écart entre les paroles et les actes étaient larges.

Plus c’est gros, plus ça passe.

Finalement j’ai redoublé d’efforts. En vain pour moi, et l’exploitation s’est poursuivie bien après la fin de mon dernier contrat. Dix mois de plus. Persuadé que je finirais par obtenir ce qui fut promis, j’avais alors accompli ce que nul autre n’aurait fait.

Les commères de la machine à café high tech (low life), elles, sont toujours là, malgré un travail perpétuellement mal fait. Et moi ? Moi, je cherche, ma prochaine déception, plus fatigué, plus gras, ayant pris des années de chien. Mais une autre chose a changé. Je veux du sang. Celui des menteurs, des paresseux, des tricheurs et des malhonnêtes. Je rêve de la merveille du docteur Guillotin, raccourcissant jour et nuit. 93 bis. Ou de grands feux. Rien qu’en alimentant les bûchers avec ces sous-merdes, l’humanité n’aurait plus jamais froid.


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